Direction et état d’esprit

Comment une dirigeante prépare-t-elle une interview presse avec un coaching leadership ?

Dirigeante, préparez votre interview presse : clarifiez votre message, entraînez-vous aux questions sensibles et décidez comment prolonger l’échange.

27 octobre 2026 · 8 min

Micro doré dans un espace d’enregistrement, symbole d’une interview presse à préparer

Une dirigeante prépare une interview presse en clarifiant son message, en s’entraînant aux questions difficiles et en décidant comment prolonger la portée de l’entretien après sa diffusion. Un coaching leadership peut l’aider à travailler ces trois dimensions sans lui faire apprendre un discours artificiel : l’objectif est de parler avec clarté, de rester fidèle aux faits et de garder une posture cohérente avec ses responsabilités.

Vous êtes sollicitée par un journal économique, un podcast de référence ou une émission vidéo. Vous connaissez votre sujet, mais vous ne savez pas exactement quelles questions vous seront posées ni ce qui sera retenu de vos réponses. Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas de tout contrôler. Il est de savoir ce que vous voulez rendre compréhensible et de pouvoir le dire avec justesse.

1. Construire un message qui tient en trois phrases

Une interview réussie ne repose pas sur une accumulation d’idées. Elle s’appuie sur un fil directeur que votre interlocuteur et son public peuvent retenir.

Avant l’entretien, formulez votre thèse en trois phrases :

  • Quelle est l’idée que vous voulez faire comprendre ?
  • Pourquoi est-elle importante pour votre organisation, votre secteur ou vos équipes ?
  • Qu’est-ce qui l’illustre concrètement ?

Ces phrases ne sont pas un texte à réciter. Elles vous servent de repères. Le journaliste peut choisir un angle différent de celui que vous aviez imaginé, mais vous pouvez revenir à vos points essentiels en les reliant à la question posée.

Une dirigeante n’improvise pas sa thèse. Elle la construit à partir de faits, de décisions qu’elle a prises et de leur portée. Pour la rendre concrète, choisissez une ou deux histoires professionnelles précises : une difficulté rencontrée, un arbitrage effectué, un apprentissage tiré d’une transformation. Une histoire utile montre une situation, une décision et ses conséquences. Elle ne sert pas à embellir le propos.

Préparez aussi les éléments qui étayent vos affirmations : chiffres récents, période concernée, source, périmètre et limites éventuelles. Si vous ne connaissez pas une réponse, mieux vaut le dire et proposer de vérifier plutôt que spéculer. La crédibilité se construit également dans ce que vous choisissez de ne pas affirmer.

Illustration du passage d’une citation à une idée claire et à une réponse structurée
Illustration du passage d’une citation à une idée claire et à une réponse structurée

Adapter vos réponses sans perdre votre fil

Le journaliste peut vous interroger sur une décision difficile, un résultat décevant ou un désaccord. Répondez d’abord à la question, puis apportez le contexte utile et, si cela aide à la compréhension, revenez à votre point principal.

Évitez de ramener mécaniquement chaque réponse à vos messages clés. Une réponse préparée n’est pas une réponse automatique. Si vous esquivez une question légitime, le public risque de retenir l’évitement plutôt que le fond.

Une étude publiée en 2021 dans l’International Journal of Strategic Communication a comparé plusieurs façons de répondre aux questions d’un journaliste en situation de crise. Ses deux expériences indiquent que l’évitement peut réduire la perception de fiabilité du porte-parole, tandis que des réponses directes, complètes ou des récits qui restent dans le sujet peuvent la soutenir (étude sur la transparence et les réponses en situation de crise). Ces résultats concernent un contexte précis, celui de la communication de crise. Ils rappellent néanmoins un principe utile pour toute interview : mieux vaut répondre clairement, sans prétendre savoir ce que l’on ne sait pas.

2. Maîtriser l’exercice, pas seulement le contenu

Connaître son sujet ne suffit pas toujours à être à l’aise face à un micro, une caméra ou une question inattendue. La situation elle-même peut modifier le débit, la respiration et la manière de penser.

Préparez-vous donc au format réel. Une interview de dix minutes en podcast ne se conduit pas comme une conversation enregistrée en vidéo ou une réponse courte pour un journal. Renseignez-vous sur le média, son public, la durée, le thème annoncé et le parcours du journaliste. Demandez aussi, si ce n’est pas déjà précisé, si l’entretien est enregistré, retransmis en direct ou susceptible d’être monté.

Ensuite, organisez une simulation d’entretien. Demandez à une personne de vous poser les questions annoncées, mais aussi des questions de relance et des questions inconfortables. Enregistrez l’exercice, puis observez quelques éléments précis : vos réponses vont-elles à l’essentiel ? Votre voix reste-t-elle audible ? Interrompez-vous la question ? Vos gestes ou votre expression détournent-ils l’attention de votre propos ?

L’objectif n’est pas d’effacer votre personnalité ni de viser une performance parfaite. Il s’agit de repérer les habitudes qui brouillent votre message et de vous entraîner à répondre avec calme. Une méthode simple consiste à faire une courte pause, à répondre d’abord au point essentiel, puis à donner un exemple ou un fait. Si une question est ambiguë, vous pouvez demander une précision.

Un guide pratique de l’EUAM Ukraine consacré aux relations avec les médias recommande de préparer les messages clés, les faits qui les étayent et de s’entraîner à les exprimer clairement (guide de l’EUAM sur les relations avec les médias). Une étude publiée en 2020 dans Public Relations Review s’appuie sur 17 entretiens approfondis avec des spécialistes belges de la préparation aux médias. Elle décrit leurs recommandations sur les aspects verbaux, visuels et vocaux de la préparation des porte-parole, notamment en situation de crise (étude sur la préparation des porte-parole). Ces ressources ne promettent pas une interview sans imprévu. Elles soulignent l’intérêt d’une préparation qui prend en compte autant la parole que la manière de la porter.

Microphone, onde sonore et horloge évoquant le rythme d’une interview
Microphone, onde sonore et horloge évoquant le rythme d’une interview

Ajuster votre préparation à votre énergie

La voix et la présence dépendent aussi de votre état le jour de l’entretien. Prévoyez un moment pour relire votre fiche de préparation, vous hydrater et vous installer sans précipitation. Un échauffement vocal simple et quelques respirations lentes peuvent vous aider à trouver un débit plus posé.

Le Human Design peut être utilisé, dans l’accompagnement proposé par Claire Lecarpentier, comme un support de réflexion sur votre manière de fonctionner et vos rythmes ressentis. Il ne s’agit ni d’une méthode scientifique de prédiction ni d’un substitut à la préparation. Si cette lecture vous aide à repérer les conditions dans lesquelles vous vous sentez plus disponible, gardez-la comme une piste personnelle, puis vérifiez ce qui vous convient par l’expérience.

3. Transformer l’interview en point d’appui durable

La publication ou la diffusion ne marque pas nécessairement la fin du travail. Une interview peut contribuer à rendre votre expertise plus visible, à condition de la partager avec discernement et de respecter le contexte dans lequel elle a été produite.

Avant l’entretien, réfléchissez à la façon dont vous pourrez le relayer : sur votre site, dans votre lettre d’information ou sur vos réseaux professionnels. Après la diffusion, vous pouvez partager le lien avec une présentation qui explique ce que vous souhaitez mettre en avant. Si une citation vous semble particulièrement représentative, reprenez-la en indiquant clairement le média et en conservant son sens.

Ne réduisez pas l’interview à une formule sortie de son contexte. Votre crédibilité dépend aussi de la fidélité de vos reprises. Si une erreur factuelle apparaît, demandez au média s’il est possible de la corriger, sans confondre cette démarche avec un droit de contrôle éditorial.

Pour entretenir une position d’expertise, reliez cette prise de parole à vos interventions et à vos travaux suivants. Une interview est plus utile lorsqu’elle s’inscrit dans une réflexion suivie que lorsqu’elle reste un événement isolé.

Étapes de préparation d’une interview : clarifier l’angle, organiser ses réponses et aller à l’essentiel
Étapes de préparation d’une interview : clarifier l’angle, organiser ses réponses et aller à l’essentiel

Exemple de préparation sur quatre semaines

Imaginons que vous soyez contactée par un journal économique ou un podcast de votre secteur. Vous avez environ un mois avant l’enregistrement.

Quatre semaines avant

Clarifiez le sujet, l’audience, le format et ce que vous souhaitez faire comprendre. Formulez votre thèse en trois phrases et rassemblez les faits vérifiables.

Deux à trois semaines avant

Préparez des histoires concrètes et une liste de questions possibles, y compris celles qui risquent de vous déstabiliser. Vérifiez les chiffres, leur date et leur périmètre.

Une semaine avant

Réalisez une ou plusieurs simulations dans un format proche de l’entretien. Observez vos réponses et ajustez ce qui manque de clarté ou de précision.

La veille et le jour de l’entretien

La veille, relisez une fiche courte : vos messages, les faits essentiels, les sujets sensibles et les points à vérifier. Le jour J, prenez le temps de vous installer et de vous recentrer avant de commencer.

Cette organisation ne garantit ni une couverture favorable ni la publication de chaque citation exactement comme vous l’aviez formulée. Elle augmente toutefois vos chances d’exprimer une pensée claire, étayée et cohérente, même lorsque l’échange prend une direction inattendue.

Ce que le coaching leadership peut apporter

Le coaching ne remplace ni le travail de communication ni la connaissance de votre dossier. Il peut vous aider à prendre du recul sur ce que vous souhaitez incarner, à identifier ce qui vous met en difficulté dans l’échange et à vous préparer à décider comment répondre.

Pour une femme leader, cela peut aussi inclure une réflexion sur la manière de prendre sa place sans adopter une posture qui ne lui ressemble pas. Le but n’est pas de se conformer à une image de dirigeante, mais de trouver une expression à la fois claire, responsable et fidèle à sa fonction.

Claire Lecarpentier accompagne les dirigeantes et dirigeants dans l’évolution de leur posture et de leurs décisions. Son accompagnement des dirigeantes et dirigeants peut aider à travailler ces dimensions. Pour les aspects techniques propres aux médias, ce travail peut être complété par un spécialiste des relations presse ou de la préparation aux médias.

La question à se poser avant de prendre la parole

Une interview presse ne se maîtrise pas entièrement. Vous ne choisissez ni toutes les questions, ni l’angle final du journaliste, ni les citations que le public retiendra. En revanche, vous pouvez préparer ce qui dépend de vous : la solidité de vos messages, la précision de vos réponses et la manière dont vous souhaitez assumer votre rôle.

Avant votre prochain entretien, demandez-vous : si votre interlocuteur ne devait retenir qu’une idée de votre intervention, laquelle serait réellement utile à son public ?